Tuesday, October 15, 2013

C'est quoi ce que j'écris ?

Pour moi, artiste musulman, il est de mon obligation de partager ce que je connais sur ma religion... (et non pas ma culture) sans, toutefois, blesser autrui ou tenter de lui imposer ma foi. Même le coran me l'interdit. Quand j'oeuvre pour le partage, je rejoins, en fait, l'ensemble de l'humanité dans son parcours en quête de la vérité. Chacun de nous a une fraction de cette vérité universelle. L'ensemble de ces fractions constitue le Savoir humain, nos expériences communes. Par exemple, le code de la route est le résultat de ce Savoir humain, lequel n'appartient ni aux occidentaux, ni aux orientaux. Il est pour le bien de toute l'Humanité. Comme le zéro, que les arabes ont appris des indiens pour le transmettre ensuite aux occidentaux. Beaucoup de gens ont trouvé une certaine quiétude en pratiquant le Yoga, par exemple. D'autres, en embrassant une religion. Dans tous ces cas, qu'est-ce qu'on cherche, en fait? Eh bien, on cherche son bien-être. Certains prient Buddha, d'autres prient Ram, d'autres prient Jesus ou Allah, pour obtenir d'eux ce à quoi on aspire tous: du travail, un(e) conjoint(e), une bonne santé, de bons enfants.... D'où, mon partage de ce que j'ai appris sur ma religion: celle-ci, comme d'autres religions ou philosophies, nous enseigne comment on pourrait atteindre son bien-être ici-bas sans perdre ses chances dans l'au-delà. Malheureusement, une grande partie du discours coranique met l'accent sur deux nécessités pour les croyants: la patience et le sacrifice. Je dis malheureusement, parce que ce n'est pas facile de répondre convenablement et de bon gré à de telles exigences. Pourquoi, dirait-on, endurer les peines de la patience et du sacrifice pour une chose dont on n'est pas vraiment sûr? Alors les gens se tournent vers ceux chez qui ils croient pouvoir trouver ce à quoi ils aspirent. D'où L'ETAT-PROVIDENCE. On n'avait pas ça dans nos cultures orientales avant les indépendances. Or on assiste à présent à des scènes de misères socioéconomiques dans des pays sensés être des havres de paix sociale, où les démunis et indigents n'auraient pas à s'inquiéter de leur avenir puisqu'il y a un Etat-Providente qui est là pour subvenir à leurs besoins et faire en sorte que tous soient égaux devant la loi. Les SDF de Grèce, 'Los Indignos' d'Espagne, les membres de Occupy Wall Str....les jeunes chômeurs qui cousent leurs bouches dans les rues de Tunis, etc, tout ça nous montre qu'il y a une certaine limite à ce que l'Homme peut faire pour l'Homme. Il y a donc un certain besoin d'une certaine force plus puissante que l'Homme: on a besoin de Dieu. De plus en plus de gens chercheront, dorénavant, "la vérité" de ce côté-là. Alors vient mon rôle d'écrivain musulman pour présenter aux gens (mes lecteurs potentiels) la vision d'Islam de la vie. Qu'est-ce que propose l'Islam comme solution à l'individu (je parle bien d'individu et non pas de société) qui voudrait essayer d'autre chose que de compter sur un gouvernement dépassé par les événements? Est-ce qu'un bon musulman peut vivre mieux ici-bas avant de voir ce qui l'attend dans l'au-delà? Est-ce que ça vaut la peine de patienter et de faire des sacrifices, comme le préconise l'Islam?

 

Je ne suis pas Soufi moi-même, mais les (vrais) Soufis disent que le but de la foi, si elle en a un, n'est ni de vivre heureux ici, ni d'avoir accès au Paradis, mais rien que la satisfaction d'Allah. Si Allah est satisfait d'eux, c'est tout leur bonheur. Mais tout en appliquant ceci dans leur vie quotidienne, il finissent par être plus heureux que tout le monde, sans, pour autant, compromettre leurs chances d'être admis au Paradis. En cherchant seule la satisfaction d'Allah, ils se libèrent déjà de tous les soucis mondains dont nous souffrons nous autres.

Un syndicaliste britannique du 19ème siècle (dont je ne me rappelle pas le nom) a dit: "Pour résoudre le problème du chômage de nos jeunes, nous n'avons qu'une solution: l'impérialisme." Cela était possible au 19ème siècle. Mais maintenant que des jeunes peuvent concocter des bombes à partir de site-webs, il est de plus en plus difficile d'envisager de telles solutions. Que faire alors? Les multinationales ont de plus en plus mal à affronter la concurrence mutuelle pendant que le pouvoir d'achat s'écroule un peu partout dans le monde. Les systèmes d'éducation font faillites même dans des pays développés. Le moral des ménages et des jeunes n'est pas du tout brillant. Bref, il y a problème. Les Etats qui peinent sous le poids de la dette et des déficits se révèlent impuissants. Les gens ne peuvent pas attendre toute une génération pour pouvoir voir une amélioration dans leur vie. Alors, dans ce contexte qui n'inspire pas confiance, il y a des gens qui voudraient essayer d'autre chose. A eux, il y a la Torah, la Bible, le Coran, le Bouddhisme....
Et il y a aussi ma poésie et mes romans!

 

Quand on aime un artiste, une équipe de foot, un genre d'art, on aimerait que tout le monde partage notre amour de ce que l'on aime. Cependant, cet artiste, cette équipe de foot, ce genre d'art... pourrait ne pas être ce qui est de meilleur au monde. En ce qui me concerne, je ne peux qu'exprimer ce qui est dans mon coeur. Et au lecteur de juger.

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